Le blog des techniques informatiques et bancaires au Luxembourg.
oliotg | 12 décembre, 2009 23:21
Type d’article : Bank 50% IT 50%
Gwenael Oliot
Détail de l’étude EFAMA ici : http://typo3.esolutions.lu/alfi/fileadmin/files/Member%20Services/NEWSFLASH/2009_11_11/EFAMA_SWIFT__Survey_.pdfoliotg | 06 décembre, 2009 15:42
Type d'article: Bank 100% IT 0%
La circulaire CSSF 02/77 protége les investisseurs OPC des erreurs de calcul de VNI et des dépassements de limite d’investissement.
Les OPC ne sont pas des produits financiers tout à fait comme les autres :
La CSSF a répondu à ces deux questions dans la circulaire 02/77.
Quand une erreur de calcul de VNI est identifiée, l’administration centrale d’un fond doit se poser la question suivante: Est-ce que cette erreur est significative (seuil de matérialité) ? Si oui il faut :
Dans tous les cas les frais occasionnés par les opérations de redressement sont à la charge de l’administration centrale ou du promoteur. Plus l’erreur est détectée tardivement, plus le nombre rachat/souscription passé est élevé, et plus le redressement est complexe et coûteux…
Pour un franchissement de limite d’investissement le processus est sensiblement le même sauf que le notion de seuil de matérialité n’est pas applicable et qu’il faut lancer la procédure au moindre dépassement.
Cette procédure n’est pas théorique, elle est appliquée régulièrement au Luxembourg. En 2008, 714 erreurs de VNI et 1519 dépassement de limite d’investissement ont été signalés à la CSSF. Ces chiffres peuvent paraître importants mais cela ne représente environ qu'une erreur pour pour mille calcul de VNI.
Gwenael Oliot
Pour en savoir plus
oliotg | 27 novembre, 2009 20:27
Type d'article: Bank 50% IT 50%
L'Institut de Formation Bancaire Luxembourg (IFBL) propose des programmes de certification professionnelle pour tous les métiers de la banque. L'offre de certification est particulièrement bien fournie pour le secteur des fonds. Il y a une certification pour tous les métiers : Agent de transfert OPC, Comptable OPC, Agent banque dépositaire OPC, juriste OPC. Seuls les informaticiens ont été oubliés...
Aujourd'hui l'informatique est la colonne vertébrale de l'organisation des OPC. De plus en plus de règles métiers sont dans les systèmes IT à tel point que certaines activités traditionnelles sont vidées de leur substance. Combien y a-t-il de comptable fonds qui saisissent des transactions dans le système IT sans savoir vraiment sur quels comptes vont être passées les écritures ?
Pour les informaticiens OPC comprendre une exigence métier OPC et la première étape pour concevoir une solution IT OPC. Pour cela il faut être informaticien ET agent métier OPC. C'est là que l'IFBL pourrait apporter son savoir faire en formant les informaticiens.
Qu'est-ce que pourrait être le parcours de certification « Informaticien OPC » ?
D'abords comme pour toutes les autres certifications métiers OPC on pourrait imaginer devoir subir le parcours de base OPC. Ce parcours de base présente les produits financiers les plus rependus ainsi qu'une vision d'ensemble du métier des fonds.
Ensuite il faudrait ajouter des cours métiers complémentaires qui existent déjà dans l'offre IFBL : Un M1 comptabilité, un M1 agent de transfert, un M1 agent banque dépositaire. Ainsi l'informaticien aurait une vision d'ensemble des opérations d'un fond.
Enfin il faudrait concevoir et mettre en place de nouveaux modules de formation propre aux métiers informatiques. On peut imaginer :
Le parcours de certification ne devrait pas contenir de cours trop techniques lié à tel ou tel langage de programmation ou tel ou tel système d'exploitation. Il serait également hors de propos de faire de la publicité pour tel ou tel progiciel bancaire.
Y aurait-t-il des étudiants intéressés par des formations OPC IT de l'IFBL ?
Mon expérience personnelle montre que le marché n'est pas nul. J'ai suivi plusieurs formations IFBL et il m'est arrivé de n'être pas le seul informaticien à venir apprendre le métier de banquier. Il est également possible que l'offre stimule la demande et que la création d'une certification IT draine de nouveaux étudiants. Il serait souhaitable de faire un sondage auprès des membres de l'ABBL pour valider l'opportunité de cours IFBL IT. Je suis convaincu que des informaticiens formés aux métiers des OPC seraient un atout pour la place financière Luxembourgeoise.
Si l'IFBL trouve mon idée intéressante, je suis à sa disposition pour l'aider à la mettre en place.
Gwenael Oliot
oliotg | 16 novembre, 2009 22:19
Type d’article : Bank 100% IT 0%
Un article paru sur Reuters (à lire ici) parle d’un boom des hedge funds au Luxembourg.
Avec la chute de Lehman et de Madoff même les investisseurs les plus ouverts aux risques ont été des échaudés. Le cadre législatif du Luxembourg qui est plus rigoureux que celui des places off shore a de quoi rassurer.
Les gestionnaires de hedge funds sont de plus en plus séduits par le grand duché. Les nouveaux SIF autorisent la souplesse de gestion attendue dans un cadre prudentiel qui rassure. La fermeté de la CSSF vis-à-vis d’UBS la banque dépositaire du fonds Luxalpha (à lire Madoff / Luxalpha: CSSF vs UBS) est une démonstration de la solidité du système. Les suites de cette affaire sont suivies par nombre d’investisseurs comme un test grandeur nature.
Selon l’ALFI, le boom ne se fait pas encore ressentir en terme de volume d’actif sous gestion au Luxembourg, mais le nombre de hedge funds est en nette croissance.
On ne peut que souhaiter que ce mouvement se confirme!
Gwenael Oliot
oliotg | 03 novembre, 2009 21:09
Type d'article: Bank 100% IT 0%
Target2 Securities va offrir une opportunité de simplification du réseau de correspondant des banques dépositaires Luxembourgeoises.
Une banque doit avoir un sous dépositaire dans chaque pays où investi ses clients ou faire appel à un ICSD (Clearstream ou Euroclear) là où elle n’a pas de réseau. Le schéma ci-dessous représente le cas d’école d’une banque dépositaire présente dans le monde entier et qui ne ferait pas appel à un ICSD.
Après T2S cette banque va pouvoir simplifier son réseau en supprimant ses sous dépositaires dans les pays dont les CSD participent à T2S.
Cette banque pourra choisir d’accéder à T2S soit directement soit via Clearstream qui est le CSD Luxembourgeois. Si elle choisit l’accès direct, elle devra adopter le format de message SWIFT ISO20022 qui est le seul supporté par T2S. Si elle choisit l’accès via le CSD elle pourra utiliser tous les formats supportés par Clearstream.
D’autres options non représentés sur le schéma sont également possibles. Par exemple, si cette banque fait partie d’un groupe international, ce groupe peut choisir d’accéder à T2S via un autre CSD que le CSD Luxembourgeois.
On peut également noter que le réseau de correspondant cash sera lui aussi simplifié. Une seule banque centrale nationale pourra jouer le rôle du réseau dans les pays du périmètre de T2S.
Gwenael Oliot
oliotg | 25 octobre, 2009 08:36
Type d'article: Bank 100% IT 0%
Un des objectifs du cadre légal des OPC est de protéger les investisseurs par des règles de diversification. Ces règles complexes sont définies dans plusieurs textes de loi et circulaires CSSF.
L’objet de cet article est de donner une vision d’ensemble de ces règles. Il ne s’agit ici pas d’être exhaustif et le lecteur est invité à consulter directement les textes publiés au Journal Officiel du Grand-Duché de Luxembourg qui seuls font foi.
Gwenael Oliot
Le texte des lois et circulaires est disponible ici: http://www.cssf.lu/index.php?id=7
oliotg | 09 octobre, 2009 21:35
Type d'article: Bank 100% IT 0%
La session d'information T2S du 7 octobre 2009 s'est déroulée en partenariat avec l'ABBL dans les locaux de la BCEE à Luxembourg. Environ 150 personnes sont venues assister à l'événement des quatre coins de l'Europe. Les débats étaient présidés par Marc Bayle directeur du programme T2S de la BCE.
La journée s'est déroulée en quatre temps :
Les parties qui m'ont le plus intéressé ont été les deux dernières.
Un des grands apports de T2S est de pouvoir settler les transactions de titre européen en un lieu unique, en monnaie de banque centrale. Ceci permet de concentrer dans un seul compte cash les liquidités nécessaires aux achats de titres qu'il fallait par le passé éparpiller chez plusieurs correspondants commerciaux. Avec T2S, le montant de liquidité nécessaire sera plus faible et déposé chez un tiers plus fiable.
Une fonctionnalité est nécessaire pour que ces avantages soit réellement exploités : c'est une gestion performante du collatéral. Pour que la liquidation des transactions soit efficace, il est nécessaire de faire des prêts aux acheteurs en manque de liquidité. Il est indispensable que ses prêts soient limités et couverts par du bon collatéral.
Les exigences métiers actuelles (URD) de T2S prévoient déjà une gestion du collatéral. L'objet du débat était l'opportunité d'améliorer cette gestion, en la rendant plus automatique et plus en ligne avec le modèle légal de T2S. La majorité des intervenants étaient favorables à ce perfectionnement. En l'absence de telles fonctionnalités il est possible que de nombreux acteurs ne puissent accéder à T2S qu'à travers un tiers gestionnaire de collatéral.
Le débat sur l'apport de T2S au monde des fonds a également été intéressant. Un fonds a deux faces, Asset side, c'est un investisseur qui gère un portefeuille d'actifs ; Liability side c'est un produit financier dans lequel on peut investir.
Asset side, les fonds bénéficieront des baisses de coût de liquidation promises par T2S comme tous les autres investisseurs. Liability side, la question est plus ouverte. Les fonds sont-ils des actifs liquidables comme les actions classiques ?
Le monde des fonds est différent de celui des actions. Les actions classiques sont essentiellement échangées sur le marché secondaire, les fonds sont échangés principalement sur le marché primaire. Les actions sont tradables aussi longtemps que la bourse est ouverte, les fonds ne sont tradables qu’à des instants particuliers (cut off de VNI). La commercialisation des fonds mobilise un réseau de distributeur qu’il faut rémunérer.
Le monde des fonds n’est pas uniforme. Certains marchés sont basés sur le modèle « agent de transfert » d’autres sur le modèle « CSD ». Certains sont domestiques, d’autres sont internationales.
On le voit, les fonds ne sont pas des actifs comme les obligations ou les actions classiques pour lesquels T2S a été conçu. Modifier T2S pour qu’il s’adapte aux fonds ne serait-il pas trop lourd ? Comment être en ligne avec toutes les spécificités des OPC ?
Marc Bayle a terminé par une note d’optimisme, T2S a déjà su surmonter tant de particularisme...
Pourtant beaucoup de fonds européens sont dénominés en devises étrangères hors du périmètre de T2S. Il est clair qu’il est plus important pour l’industrie des fonds de rester ouverte aux investisseurs non européens que de faire de petites économies sur les coûts de settlement.
A suivre…
Gwenael Oliot
Pour avoir les supports de la présentation, cliquez ici
oliotg | 13 mai, 2009 22:38
Type d'article: Bank 100% IT 0%
La règle du jeu des fonds va changer en Europe et donc au Luxembourg. Voici un article qui présente l’essentiel des évolutions :
Bonne lecture,
Gwenaël Oliot
oliotg | 09 janvier, 2009 20:31
Type d'article: IT 50% Bank 50%
Sous l’impulsion de SWIFT, le monde financier est en train de changer de langage. Les systèmes informatiques parlaient FIN, ils parleront XML. Une telle révolution ne va pas être réalisée du jour au lendemain, et pendant plusieurs années les deux langages vont coexister.
SWIFT, l’organisme en charge de promouvoir des solutions d’échange d’information dans le monde financier, déploie un nouveau format électronique. L’ancien format régi par la norme ISO15022 utilise une syntaxe particulière appelée FIN alors que le nouveau format ISO20022 est basé sur XML.
Les fonds ont été parmis les premiers produits financiers à avoir été normalisés en ISO20022. Les OPC sont des supports relativement récents et ils présentent des particularités par rapport aux produits plus anciens que sont les actions et les obligations.
Depuis 2006, des messages ISO20022 conçus spécialement pour les fonds sont disponibles. A titre d’exemple, nous allons entrer dans le détail d’une transaction d’achat en comparant un échange ISO150022 et un échange ISO20022. Pour simplifier, nous supposons que l’échange se passe normalement sans rejet ni annulation.
En ISO15022 quand un distributeur veut acheter des parts d’un fonds il envoie un message FIN MT502 à l’agent de transfert de ce fonds. L’agent de transfert lui retourne un MT509 en accusé de réception. Plus tard, après le cut off et le calcul de la VNI, l’agent de transfert envoie une confirmation sous la forme d’un message MT515 qui contient le prix.
En ISO20022, pour la même transaction, le distributeur envoie un message XML setr.010.001.03 SubscriptionOrderV03 à l’agent de transfert. L’agent de transfert accuse réception en répondant par un setr.016.001.03 OrderInstructionStatusReportV03, puis confirme avec un setr.012.001.03 SubscriptionOrderConfirmationV03.
Le protocole d’échange est donc similaire. A un message FIN correspond un message XML qui a une syntaxe différente mais un contenu sémantique équivalent. Cette relation un pour un entre message FIN et XML n’est cependant pas une règle, comme va le montrer un exemple plus complexe.
Les fonds autorisent un type de transaction qui n’a pas d’équivalent avec les actions ou les obligations. Il s’agit des transactions d’échange (ou switch). Une telle transaction permet d’échanger des parts d’un compartiment contre les parts d’autres compartiments du même fonds. L’avantage d’un switch pour l’investisseur est de payer moins de frais que s’il changeait de fonds et l’avantage pour le fonds est de conserver son client.
Les transactions d’échanges ont plusieurs jambes : une jambe pour le fonds vendu et des jambes pour les fonds achetés. En ISO20022 des messages spécifiques existent et un ordre switch est géré en un seul échange de message. En ISO15022 chaque jambe nécessite un échange de message.
Dans l’exemple ci-dessus l’ordre switch aurait une jambe pour la vente et une jambe pour l’achat. En ISO15022, le distributeur enverrait deux MT502, l’agent de transfert accuserait réception avec deux MT509 puis confirmerait avec deux MT515.
En ISO20022, le distributeur enverrait un seul setr.013.001.03 SwitchOrderV03, l’agent de transfert répondrait avec un seul unsetr.016.001.03 OrderInstructionStatusReportV03 puis confirmerait avec un seul setr.015.001.03 SwitchOrderConfirmationV03.
Le passage de ISO15022 à ISO20022 nécessite donc plus qu’une simple traduction message par message. Il faut revoir également la dynamique d’enchaînement.
La migration ISO15022 à ISO20022 est trop complexe pour être réalisée en big bang et va être progressive sur plusieurs années. Au milieu du gué, un agent de transfert aura à traiter des ordres ISO15022 venant de distributeurs non migrés en même temps que des ordres ISO20022 venant de distributeurs migrés. Les systèmes informatiques des agents de transfert devront donc savoir gérer simultanément deux formats de messages qui ont des dynamiques d’échange différentes.
Pour le métier des fonds ISO20022 est un progrès car propose des messages dédiés mieux adaptés que leurs aînées ISO15022. Le coût à payer est une migration complexe pour les acteurs existants, et la mise en place de plateforme bilingue ISO20022- ISO15022 pour les acteurs ayants un rôle pivot.
Gwenael Oliot
Autres articles sur SWIFT:
oliotg | 10 octobre, 2008 20:13
Type d'article: IT 0% Bank 100%
Pricewaterhouse a publié une brochure très complète sur les fonds au Luxembourg. En 70 pages elle présente, le cadre réglementaire des OPC, les atouts opérationnels, les aspects fiscaux et de distribution de la place. Cette brochure est à jour vis-à-vis des réglementations SIF et SICAR. Cerise sur le gâteau, elle est illustrée de très belles photos de la ville de Luxembourg.
Cette brochure peut servir de référence d’autant plus que les lois et circulaires CSSF applicables sont toujours citées ce qui donne les clés pour aller chercher l’information à la source.
Tout cela est gratuit et disponible au format électronique : http://www.pwc.com/lu/eng/ins-sol/publ/pwc_improfile.pdf
Bonne lecture,
Gwenael Oliot
oliotg | 29 août, 2008 21:20
Type de sujet: IT 0% Bank 100%
L'Institut de Formation Bancaire au Luxembourg (IFBL) offre des parcours de certification pour les professionnels des fonds en partenariat avec l'Association of the Luxembourg Fund Industry (ALFI).
J’ai suivi entre 2006 et 2008 les parcours de certification « Agent de transfert OPC » et « Agent banque dépositaire OPC ». Quand je me suis lancé dans ces parcours mon objectif était double : augmenter mes connaissances de ces domaines et obtenir une reconnaissance de mes acquis.
Je suis aujourd'hui certifié et souhaite vous faire part de mon témoignage.
Les formations IFBL/ALFI sont d’une grande qualité. Les animateurs sont très compétents dans les métiers de la banque et la plupart ont de bonnes qualités de pédagogue. En plus de couvrir les sujets prévus par le cours, ils font souvent des digressions et font profiter les étudiants de leurs expériences de terrain. Ces témoignages apportent une réelle plus value.
Il n’y a pas grand-chose à redire sur l’organisation des cours. Le fait qu’on puisse s’inscrire à n’importe quel examen n’importe quel mardi donne une grande souplesse. Ma seule critique est que l’identité des candidats n’est pas vérifiée lors des tests. La seule procédure prévue est une mise en garde contre les conséquences pénales d’une usurpation d’identité. Il serait nécessaire de renforcer les contrôles pour limiter le risque de fraude.
Quant à savoir si ces certifications sont reconnues sur le marché, je n’ai pas d’information à ce sujet. Un moyen pour accroître cette reconnaissance serait d'organiser des événements ou de créer une association pour les certifiés IFBL/ALFI. De manière plus ambitieuse on pourrait imaginer un partenariat en l’IFBL et un professionnel international des tests comme PROMETRIC. Cela permettrait de passer des certifications IFBL dans le monde entier.
Les cours IFBL/ALFI m'ont appris beaucoup et leurs certifications sont un plus sur mon CV. Je pense me lancer dans un parcours « agent comptable OPC » et devenir un expert complet dans le domaine des fonds.
Gwenael Oliot
Astuce pratique:
Pour ceux qui souhaite suivre un parcours, je conseille de passer les examens deux par deux. En effet, les passer un par un implique de d’être à présent à l’IFBL presque tous les mardi matin et les passer trois par trois est trop ambitieux.
Pour en savoir plus :
oliotg | 25 juillet, 2008 09:30
Type de sujet : 50% IT 50% Banque
Une nouvelle révolution informatique serait en marche, la SOA (Service Oriented Architecture) serait la nouvelle voie à suivre dans la quête du graal informatique. Pouvoir répondre rapidement et à moindre coût aux évolutions de plus en plus rapides imposées par le business, telles est la promesse de la SOA. Quant est-il exactement ? S’agit-il d’une réelle opportunité à ne surtout pas manquer ou d’un sigle de plus inventé par les informaticiens pour se donner du travail ? La SOA est-elle applicable à l’industrie des fonds ?
Le constat est claire les choses s’accélèrent. Les contraintes réglementaires évoluent sans cesse, UCITS III est à peine déployé que UCITS IV est en gestation, le chahut sur les marchés précipite des réorganisations dans le secteur financier. Le changement est devenue la règle et la stabilité l’exception. L’agilité est devenue une compétence clé et quand on connaît le poids de l’IT dans l’industrie des fonds il est vrai qu’un graal ne serait pas de trop.
Qu’est-ce que la SOA ? Dans une démarche SOA, le métier est analysé en terme de processus qui sont des enchaînements de service. Un service est conçu pour être réutilisable. Par exemple chez un agent de transfert, le service « rechercher investisseur » peut être utilisé par le processus « mettre à jour les informations investisseurs » et le processus « enregistrer une souscription ». Ce service « rechercher investisseur » pourra être également réutiliser en cas d’évolution d’un processus existant, par exemple s’il devient opportun de sous traiter le processus « enregistrer une souscription » à un autre PSF. Les services sont en quelque sorte des briques de lego crées par l’entreprise. Une fois le coût de création des briques amortis, il ne s’agit plus que les assembler et désassembler.
Cette chanson n’est pas nouvelle. Dans les années 90, CORBA promettait l’agilité par la création de composants réutilisables. Plus tard, Java avec ses EJB et Microsoft avec son .NET proposaient une démarche équivalente. Pourquoi SOA réussirait là où les cigles plus anciens n’ont pas tenus toutes leurs promesses ? En fait, chaque évolution bénéficie des leçons des précédentes, SOA reprend donc les bonnes pratiques de ses aînées et en introduit de nouvelles. Si on fait abstraction de quelques évolutions techniques, les deux grandes nouveautés introduites par la SOA sont la gouvernance et l’adoption de standards ouverts. La gouvernance signifie que la SOA ne s’adresse pas aux seuls informaticiens. Là encore rien de nouveau : la participation des utilisateurs a toujours été un des éléments clé de la réussite d’un projet informatique. Les travaux sur ce sujet sont nombreux et anciens. La nouveauté est que des principes d’architecture IT et des principes de gouvernance sont regroupés sous une seule bannière : la SOA. Avec la SOA informaticiens et usagers peuvent se rencontrer autour de la notion de processus qui leur est commune. Le débat est centré sur le service qui a une existence concrète pour les deux populations. Auparavant c’est l’application qui était le centre du débat. Le fait que le service est une couverture plus réduite permet aux informaticiens et aux usagers de se comprendre sur un niveau de détail plus fin.
L’adoption de standard ouvert signifie qu’on n’est plus prisonnier de telle ou telle technologie en adoptant des protocoles d’échanges compris par tous. Ainsi dans une démarche SOA, le monde Java peut travailler avec le monde Microsoft tout en échangeant avec les gros systèmes COBOL. Même si ce n’est pas un pré requis, la SOA s’appuie sur la technologie Web-Services qui est sensée être l’espéranto des systèmes informatiques. Ceci ouvre de nombreuses portes car on peut imaginer des processus métiers répartis sur plusieurs entreprises, la sous-traitance pourrait être configurée et reconfigurée à volonté… Dans ce monde rêvé, la sécurité informatique prendrait une place encore plus importante qu’aujourd’hui.
Quand est-il pour l’industrie des fonds ? Les gains en agilité et en baisse de coûts informatiques promis par la SOA constituent une opportunité dans le contexte fortement concurrentiel et en évolution réglementaire constante des OPC. L’orientation vers une architecture open dans l’industrie des fonds, c'est-à-dire le fait qu’un fonds ne soit plus distribué uniquement par son promoteur mais de plus en plus par un réseau étendu, est un contexte favorable à la SOA. En effet, l’ouverture offerte par la SOA pourrait être une réponse au besoin d’intégration distributeurs / agents de transfert. Aujourd’hui SWIFT offre déjà des solutions d’intégration et la nouvelle norme ISO 20022 est particulièrement bien adaptée aux échanges distributeurs / agents de transfert. Vestima+ de Clearstream et Fundsettle d’Euroclear sont des plateformes de routage d’ordres efficaces. Ceci est déjà une implémentation de service avec la mise en place de concentrateur. Cependant la part des échanges sous forme de fichiers informatiques propriétaires ou de fax reste très importante.
A titre d’exemple entrons plus loin dans le processus de souscription. Dans ce processus l’agent de transfert (TA) est la porte d’entrée du fonds. Il reçoit la demande de l’investisseur et vérifie sa complétude. Si la demande est valide il transmet l’information à l’agent administratif (FA), au gestionnaire et à la banque dépositaire. Une fois le calcul de VNI réalisé, l’agent administratif transmet sa valeur à l’agent de transfert qui peut confirmer la souscription. S’en suit le processus de liquidation qui ne sera pas étudié ici. Pour un tel processus on peut imaginer l’interaction de trois services. Un service TA « gérer une souscription », un service TA « fournir la liste des souscriptions reçues » et un service FA « fournir une VNI ». Le processus est réalisé de la manière suivante : l’investisseur appelle le service TA « gérer une souscription ». Ce service valide la souscription, attend le calcul de la VNI, appelle le service FA « fournir une VNI » pour en connaitre la valeur puis confirme l’ordre à l’investisseur. Le FA, le gestionnaire et la banque dépositaire peuvent appeler le service TA « fournir la liste des souscriptions reçues » quand bon leur semble. L’orchestration de ce processus peut être personnalisée. On peut imaginer un frontal web pour recevoir les demandes de souscriptions, une passerelle SWIFT ou une saisie de fax. On peut imaginer que dans le cadre d’un TA multi fonds, l’exécution du service « fournir une VNI » soit réalisé par plusieurs FA en fonction du fonds traité par la souscription. Les appels de services peuvent être associés à une gestion événementiel utilisée pour la refacturation interne (Un appel de service pour devenir un inducteur de coût dans le cadre d’un contrôle de gestion ABC) ou pour le suivit de la qualité en dénombrant par exemple les éventuels retards dans les calculs de VNI identifié lors des appels au service « fournir une VNI ».
En synthèse, la SOA n’est pas vraiment une révolution mais une évolution qui dépasse le cadre de l’IT. Elle est un ensemble de bonnes pratiques de management et de gouvernance des systèmes d’information associée une architecture IT innovante, ouverte et modulaire axé sur les processus métiers. La SOA est une opportunité offerte aux entreprises de l’industrie des fonds pour rester compétitive dans les changements qui leurs sont imposés. L’expérience montre qu’une bonne pratique n’est jamais assez défendue et qu’il faut bien des efforts et du temps pour qu’elle fasse partie de la culture d’une entreprise. Lancer une démarche SOA peut être un prétexte pour déclencher les changements nécessaires pour rendre une organisation plus agile.
Gwenael Oliot
Bibliographie:Service-Oriented Architecture (SOA) Compass, IBM Press, ISBN 0-13-187002-5
Gwenael Oliot, professionnel de l'informatique bancaire.
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